24/12/2025

Ego malade : l’excès d’image, le manque de soi

Comprendre l’ego malade : pourquoi l’obsession de l’image fragilise le mental et comment retrouver stabilité, intimité et ancrage dans un monde d’extimité.

Écrit par Jean-Paul Lugan, psychologue, coach, préparateur mental — le 24-12-2025

Comprendre l’ego : une illusion qui nous gouverne

Pour ne pas se tromper de diagnostic, il faut définir l’ego.
L’ego, c’est l’illusion que j’ai de moi, l’image que je veux montrer au monde.
Ce n’est ni mon identité profonde, ni l’ensemble de ce que je suis.
Seulement une vitrine : séduisante parfois, caricaturale souvent.
Et lorsque cette vitrine devient plus importante que la vie vécue, l’ego tombe malade.

De l’intimité à l’extimité : un changement de siècle

Nous sommes passés du XXe siècle, celui de l’intimité protégée, au XXIe siècle, celui de l’extimité : montrer tout, tout le temps, à tout le monde.
L’expérience compte moins que sa visibilité.
Blaise Pascal l’avait déjà pressenti :
« Les gens ne font pas des voyages pour les vivre, mais pour en parler. »
Aujourd’hui, ils les font pour les poster.

Le spectaculaire comme identité : l’ordinaire ne suffit plus

L’ego malade ne supporte plus l’ordinaire.
Il veut attirer l’attention, se distinguer, “exister”.
Cela mène à la mise en scène permanente : tatouages répétés, tuning corporel, chirurgies, performances extrêmes, identités mouvantes…
On filme un concert au lieu de l’écouter, on photographie un plat au lieu de le savourer, on se met en scène en vacances au lieu de les vivre.
L’ordinaire disparaît — et avec lui, la stabilité intérieure.

Quand faire des vues passe par faire des dégâts

L’extimité produit une dérive plus grave : la violence devient un contenu.
Insultes filmées à la police, dégradations diffusées pour “faire des vues”, participation à des émeutes pour alimenter un flux TikTok ou Instagram…
Ce n’est plus une idéologie : c’est une stratégie de visibilité.
Le spectaculaire, même antisocial, vaut mieux que l’invisible.
C’est l’ego malade dans sa version la plus destructrice.

Les dégâts psychiques : anxiété, déprime, vide intérieur
Derrière cette exposition permanente se cachent trois maux majeurs :

  • anxiété, par peur de ne pas être assez vu,
  • déprime, parce que rien ne suffit jamais,
  • hypersensibilité, car vivre dans le regard de l’autre fragilise tout.
    S’y ajoutent fatigue mentale, comparaison constante et une perte d’ancrage profonde.
    Plus l’ego s’expose, plus il se fissure.

Cioran : le bonheur, c’est ce qui ne se montre pas

Cioran écrivait : « Le véritable bonheur consiste à savoir goûter l’ordinaire. »
Mais l’ordinaire est devenu honteux.
Alors qu’il est précisément ce qui apaise, stabilise, nourrit.
Un silence, un café non photographié, une marche inutile, un moment pour soi…
C’est là que se reconstruit le mental.

Conclusion : revenir au réel pour guérir l’ego

Sortir de l’ego malade, ce n’est pas arrêter de partager.
C’est arrêter de se perdre dans l’image.
Réhabiliter l’intimité.
Redonner une place à l’ordinaire.
Retrouver la présence, la profondeur, l’ancrage.
Ce qui nous reconstruit ne demande jamais d’être publié.
Ce qui nous apaise n’a pas besoin d’être montré.
C’est ce que l’on vit, pas ce que l’on affiche, qui nous tient debout.

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« Prendre soin de soi n’est pas un luxe, c’est une compétence. »

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